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Incident on 15 July 2012 Download as CSV Print this page

Location: Inchiri

Country: Mauritania

Violation types: Excessive use of force

Perpetrator classifications: National Guard

Location


This incident took place in Inchiri, Mauritania

Description


According to FIDH: "Il est vrai que les manifestations à Nouakchott sont quasi quotidiennes, véritable changement par rapport aux régimes précédents. Mais, en pratique, l'exercice du droit de réunion fait l'objet d'une sévère répression caractérisée par des violations des droits humains perpétrées par les forces de sécurité et un harcèlement judiciaire.[...]Les exemples suivants éclairent la responsabilité de ces forces de l'ordre pour l'utilisation excessive de la force via coups de matraques et jets de gaz lacrymogènes entraînant la mort et de graves blessures, des arrestations et détentions arbitraires, des actes de torture et mauvais traitements. Aucune de ces violations n'a donné lieu à des enquêtes et poursuites pour sanctionner leurs auteurs. [...] Un ouvrier, M. Mohamed Ould Elmechdhouvi, a été tué, plusieurs autres ont été blessés et arrêtés le 15 juillet 2012, lors de la dispersion brutale (avec gaz lacrymogène et matraques) par la police d'un sit-in d'ouvriers dans une mine de cuivre, en grève depuis le 13 juillet à Akjoujt (250 km au nord de Nouakchott). Les ouvriers de cette mine réclamaient des augmentations de salaires et d'autres avantages dont le droit au logement, la prise en charge de l'eau et de l'électricité, des demandes qui figuraient déjà dans des accords passés entre les syndicats et l'entreprise.Le 11 juillet, à 23H30, après les 10 jours légaux de préavis, la grève a commencé. La production a été arrêtée et les ouvriers ont entamé un sit-in permanent. Une médiation commença alors et continua jusqu’au dimanche 15 juillet à 11H00. Mais, déjà le 14 juillet dans la soirée, six véhicules de la gardes nationale sont arrivés de Nouakchott. Les forces de l'ordre se sont immédiatement installées dans l’usine. Le même jour à 23H00, un officier de la Garde nationale est allé à la rencontre des travailleurs et leur a dit : « j’ai reçu instruction de dégager la place et ce au besoin à l’aide d’armes à feu ». Les travailleurs ont refusé et indiqué qu’ils n’empêchent personne d’entrer. Le dimanche 15 juillet, vers 6H00 du matin, des accrochages ont eu lieu entre travailleurs et forces de l'ordre. Ces derniers ont utilisé des gaz lacrymogène et ont procédé à des arrestations de travailleurs. L’intention des membres de la garde nationale était clairement de faire mal. Les travailleurs arrêtés ont été placés à 4 dans une voiture avant d'y être tabassés à coups de matraque. Un des travailleurs a reçu un coup de pied au ventre, un coup sur le côté et plusieurs coups de crosse à la nuque. Il en est décédé. Au total, la garde nationale a procédé à des dizaines d’arrestations, blessé 11 personnes et en a tué une. A Akjoujt, le tollé a été général, entraînant un soulèvement populaire. Une délégation ministérielle a alors été dépêchée dans la ville et un Procureur saisi du dossier. Ce dernier a reçu différents témoignages. Le premier certificat médical rendu public établissait que la victime était morte de mort naturelle. La demande des syndicats en faveur d'une contre-autopsie a été refusée par le Procureur. Le Procureur a invité la presse à minuit pour annoncer : - que les analyses ne permettent pas de définir les causes de la mort ; - qu’il est prêt à autoriser toute contre-expertise qui serait demandée par les ayant-droits du défunt. La victime a été enterrée le 17 juillet. Aucun représentant de l’État n’était présent."